« 2008-2018, une décennie perdue » (2/5). les « pigs » ont renoué avec la croissance. le portugal et l’espagne s’en tirent le mieux. l’italie, en raison du gouvernement qui se dessine, et la grèce inquiètent.le monde | 16.05.2018 à 13h00 • mis à jour le 16.05.2018 à 15h40 | par marina rafenberg (athènes, intérim), sandrine morel (madrid, correspondance) et marie charrelen ce mois de mai, tandis que les soirées s’allongent, des hordes de jeunes espagnols prennent d’assaut les bistrots branchés des rues madrilènes. le trafic automobile, qui avait brutalement chuté pendant la récession, congestionne de nouveau les artères du centre. partout dans la capitale, le vent de la reprise est perceptible. aux tables, entre amis et voisins, on se raconte les mêmes histoires. celle d’une architecte qui, après cinq ans de chômage, a trouvé un emploi administratif dans un cabinet, pas trop mal payé. celle d’un trentenaire qui, après des dizaines de contrats courts, se réjouit de conserver le même poste de manutentionnaire depuis deux ans, malgré un salaire de 1 000 euros mensuels. celle d’un patron de pme dans la construction qui, après avoir vendu sa maison de campagne et ses voitures pour nourrir sa famille, voit de nouveau les commandes affluer grâce à la reprise du secteur. dix ans après le début de la crise, les espagnols, comme les portugais et les italiens, expriment leur soulagement d’avoir éc...